Etienne Cail

Art, peinture

@Lyon

Artiste : Etienne Cail, Les gueules de l'Empire du Milieu

En dépit de son jeune âge, Etienne Cail offre une peinture saisissante qui nous projette à mi-chemin entre deux mondes.

De sa fascination pour la peinture chinoise contemporaine naissent des portraits captivants, incarnés sous les traits de figures austères et impénétrables. Peaufinant sans cesse son univers déjà bien affirmé, ce jeune artiste vivant en région lyonnaise s’amuse à détourner les grandes peintures de l’histoire occidentale en y insérant ce qu’il appelle ses « gueules » asiatiques.

C’est à l’âge de 15 ans, après un déménagement à la campagne, qu’Etienne Cail réveille un talent certain pour le dessin et la peinture. Fait rarissime, à 18 ans il a déjà trouvé son style. Après un court passage à L’Atelier de Sèvres à Paris, cet autodidacte convaincu se retire dans son atelier et s’entoure très vite de ses « gueules », traces picturales d’un illustre voyage en Chine. C’est dans cet environnement immersif et stimulant qu’il revisite à sa façon Eugène Delacroix, Édouard Manet, ou encore Hyacinthe Rigaud.

Dans un élan tout aussi ironique qu’élogieux pour les artistes chinois qu’il admire, Etienne Cail cherche à surprendre notre regard en substituant systématiquement les figures de tableaux mythiques par des sujets chinois. En remodelant les visages, croisant les cultures et revisitant la peinture historique, le jeune artiste nous propose ainsi un voyage dans l’espace-temps qui nous plonge tant dans l’héritage de la culture occidentale que dans la tradition chinoise. Ses peintures décalées nous emportent dans un monde étrangement familier qui flirte avec l’absurde et la contradiction. Etienne Cail joue sur l’ambigüité affirmée par l’autorité de ces figures dictatoriales et l’allure charismatique qui s’en dégage. Il parvient à attirer l’œil sur ces visages marqués, fatigués, comme égarés dans un monde qui n’est pas le leur.

Ses œuvres combinent ainsi deux mondes, deux époques et deux cultures, dans un surréalisme presque incongru. Et pourtant, cet apparent contraste se fond brillamment sur la toile, pour ne former qu’une seule et même unité. Dans une volonté de se recentrer sur l’essentiel, Etienne Cail choisit de restreindre sa palette au noir et blanc.

La couleur distrait le cœur de ma peinture

A la fois consciencieux et extrêmement rapide*, le jeune lyonnais fait confiance à son instinct. Travaillant d’une traite, il revient en général très peu sur ses toiles.

Le premier jet est très proche du résultat final

Ses  gueules , il les épluche d’emblée au crayon dans un travail très minutieux, avant de les révéler d’un seul trait à la peinture à l’huile. Pour ses détournements, il travaille d’abord l’image sur ordinateur, afin d’insérer virtuellement les visages dans les tableaux qu’il reproduit. Ses œuvres sont sans conteste l’expression de sa propre mutation artistique. Profondément marqué par certaines figures subversives de la scène artistique chinoise contemporaine comme Shi Xinning ou Zhang Haiying, il ne tarit pas d’éloges pour cette scène artistique indépendante en constante expansion.

Son univers affirmé a déjà séduit la Twentytwo Gallery (Lyon), la Rofaida Zaid Gallery (Paris), et la ASFAP Gallery (Bruxelles). Egalement repéré par des grands noms de la scène picturale chinoise comme Zhang Haiying ou encore Yue Minjun,** Etienne Cail n’a pas fini de faire parler de lui…

* une toile est souvent achevée en une journée !

**connu pour représenter en série des personnages figés dans un rictus hilare

Marie Penavayre
A propos de l'auteur

Marie Penavayre, exploratrice du web animée par le mouvement, la grandeur cosmique et l’explosion, et dédiée corps et larmes à la musique électronique.



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