Avatar (James Cameron)



le nouveau monde animé & animiste

Après 12 ans d’absence depuis son dernier film, voici enfin le retour de James Cameron, le réalisateur multi oscarisé de TITANIC, qui a commencé à concevoir le film il y a quinze ans, à une époque où les moyens pour concrétiser sa vision n’existaient pas encore. Aujourd’hui, et après quatre ans de production intensive (facilité par un budget équivalent aux PIB de 4 pays africains), AVATAR offre une expérience cinématographique unique, portée par une nouvelle génération d’effets spéciaux.

Visuellement le film est bel et bien la claque qui fait chavirer la rétine. D’ordinaire assez allergique à certains films aux CGI usant et abusant de fonds verts et motions captures (où les acteurs sont souvent assez mal intégrés à leur environnement factice), force est de constater que mon avis sur la question s’en trouve reconsidérée tant le réalisateur a ici parfaitement maitrisé cette technique et en a même profité pour en repousser les limites. c’est bien simple, les images de synthèses ne sont pas juste là pour mettre en image ce qu’il était impossible de filmer mais donnent bel et bien vie à un environnement totalement imaginaire (et d’autant plus saisissant de réalisme en 3D). D’ailleurs il ne faudra même pas une heure pour se prendre d’envie à vouloir aller visiter cet endroit et l’explorer de long en large.

Avec AVATAR big Jim livre donc le spectacle à la hauteur de son attente. Outre le choc visuel, Cameron qui n’est pas la moitié d’un idiot à la tête d’un blockbuster pop corn (Michael « boum boum » bay ou Rolland « bam bam » Emmerich pour ne citer qu’eux) profite de la captation de son public pour livrer sur le fond une fable militante écolo engagée avec un récit simple mais bougrement efficace, lorgnant du coté de son the abyss ou encore danse avec les loups, le nouveau monde et de nombreux films de Myazaki dont il semble rendre hommage par moments ( enfin souhaitons le).

Totalement immersif, maîtrisé dans sa forme et malin dans son propos (à la fois plaidoyer pour l’environnement et pamphlet anti militaire), l’objectif principal de Cameron pour AVATAR consiste peut être à faire la démonstration que le cinéma en salles et à grand spectacle a encore des choses à dire entre deux explosion de robots breakdanseurs et villes détruites, effondrées, explosées ou atomisées.

AVATAR nous entraîne ainsi dans un univers spectaculaire qui repousse les limites de notre imagination tout en titillant notre conscience avec cet avertissement écologique alarmiste lancé à la face de l’humanité.

Reste plus qu’à se (re)jeter en salle pour (re)profiter du voyage et en (re)prendre plein les mirettes.

Julien Mc Laughlin

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