Les bonnes techniques pour professionnaliser son projet musical.

Musique

@France

Dossier : Les bonnes techniques pour professionnaliser son projet musical., Entretien avec les Wild Wild Waves

Niveau : intermédiaire

Les amis, la Rédac’ a pris une décision ! Pour aider les jeunes talents à bien démarrer leur carrière artistique, quelle qu’elle soit, nous avons contacté un petit nombre d’artistes présents sur Wegotalent, afin d’aller pour vous, à la pêche aux conseils.

Logo WWW2
L’artiste : Wild Wild Waves
Ville : Lyon
Discipline : musique – Abstract Techno
sa page wegotalent

 
Pour notre second entretien, la Rédac’ a choisi les Wild Wild Waves, un véritable coup de cœur. Ce groupe lyonnais indépendant nous livre une musique à mi-chemin entre Pop & Deep house, une Abstract Techno légère mais volcanique. Tous issus du conservatoire de Jazz de Lyon, les membres du groupe s’avèrent être des musiciens hors pairs, et sont tous créatifs, déterminés, et surtout, talentueux ! Au cours de notre entretien, nous avons pu constater que de nombreux aspects de leur parcours pourraient aisément servir d’appui aux jeunes artistes. En effet, leur vécu est à notre sens assez représentatif des prémices d’une carrière. Et, si leur notoriété se construit doucement, nous sommes certains que leurs conseils avisés pourront vous aiguiller. Excellente lecture 😉

          Votre groupe est d’ores et déjà formé, vous croyez dur comme fer en son devenir et vous aspirez désormais à le professionnaliser ? Pour cela, vous disposez déjà d’une bonne expression écrite et orale, de culot à revendre, d’une solide confiance en votre projet et évidement, d’une petite fibre commerciale pour réussir à le vendre.
Bon, que ce soit dit, il est certain que pour vous développer seul, vous aurez besoin de certaines compétences et d’un peu d’aide. Nous avons donc répertorié pour vous les précieux conseils des Wild Wild Waves, et tenté de dégager une petite méthodologie. Nous espérons que celle-ci saura vous aiguiller sur la façon de procéder pour mener à bien votre projet.

 

  1. Entretenez votre réseau.

  2. Préférez vous manager seul.

  3. Multipliez les lives.

  4. Soyez prêt pour l’enregistrement de votre EP.

 

1      Entretenez votre réseau !

          Pour vous lancer en indépendant, faites-vous à l’idée que vous n’y parviendrez pas seul. Tant de paramètres sont à prendre en compte, que pour réussir à faire tourner votre groupe comme vous l’entendez, un bon réseau vous facilitera la tâche. Ne paniquez pas, un réseau ne renvoie pas forcément à des connaissances de type booker, manager ou directeur artistique.
Le réseau comprend également tous ceux susceptibles de vous aider dans vos démarches : gérant d’association, de bars, de boîtes de nuits, vidéaste, communicant en herbe, ou encore ami d’un ami qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un… Bref, toute personne touchant de près ou de loin au milieu artistique vous sera d’une aide précieuse. Entourez-vous des meilleurs, des plus motivés et des plus passionnés dans leur domaine. Et pour les trouver, n’hésitez pas à passer de nombreux coups de fils, à envoyer des tonnes d’emails et à faire écouter vos morceaux à qui voudra bien les entendre. Tout le monde doit clairement savoir que vous vous destinez à entamer une carrière musicale. Ainsi, les personnes qui vous entourent vous feront part de la moindre opportunité susceptible de vous aider.

Par exemple, pour nos dates, ça passe vraiment par le contact personnel et professionnel, mais le réseau ne se fait pas tout seul.

           Pensez donc à entretenir votre réseau et surtout, pensez à rendre la pareille à celui ou celle qui vous aura tendu la main. Votre groupe n’est pas une secte, ne restez pas exclusivement entre vous, vous êtes avant tout un collectif d’artistes qui existent aussi en tant qu’individus, pensez-donc chacun à vous diversifier au maximum et à rencontrer du monde séparément.
Chacun des membres des Wild Wild Waves joue par exemple dans plusieurs formations, cela leur permet de nouer de nouveaux liens et d’ouvrir leurs horizons respectifs. Rien de négatif à cela, car plus vous vous enrichirez individuellement, plus vous le reporterez de manière positive au sein de votre groupe. Chacun apportera sa touche, ses propres connaissances, ses propres méthodes et surtout, son propre réseau !

 Le réseau

La Rédac vous fournit ici un schéma basique du réseau… 

2      Préférez vous manager seul

          Pour faire décoller votre carrière musicale,  il est important que vous commenciez par communiquer sur votre projet par vous-même. En effet, pour les Wild Wild Waves, il est capital que vous ayez un contact direct avec les professionnels. Cela vous permettra de développer certaines de vos compétences : savoir vendre votre projet, adapter votre discours selon votre interlocuteur, et surtout, comprendre le fonctionnement de l’environnement dans lequel vous évoluez pour optimiser vos chances.

Mais encore, vous aurez la mainmise sur la gestion de votre groupe et pourrez ainsi prendre les décisions qui vous semblent justes et cohérentes. Comme sélectionner vous-même vos collaborations, les lieux pour vos concerts, vos interviews éventuelles, et les équipes avec lesquelles vous serez amené à travailler.

Je conseille souvent au groupe de s’auto manager parce qu’il est difficile de trouver des personnes compétentes  qui ont la même vision du projet.

durga 02

Telle la déesse Durga, vous aurez besoin de dix bras pour gérer votre carrière.

          Vous adresser à un manager dès vos débuts n’est pas exclu, mais gardez bien à l’esprit que celui-ci s’imposera comme un filtre entre les professionnels et vous. Et, comme avoir un porte-parole peut parfois être dangereux, assurez-vous d’avoir à faire à quelqu’un de compétent avant de vous engager. Renseignez-vous sur les personnes qui vous proposent toute signature de contrat ou collaboration, sur Internet et/ou auprès d’autres artistes ou proches susceptibles d’avoir quelques renseignements à vous fournir. Voyez par exemple, les groupes avec lesquels les managers ont déjà travaillé, si leur collaboration s’est bien déroulée, et, dans le cas contraire, tentez de cerner le problème pour voir s’il pourrait se reproduire avec vous. En fonction, pesez le pour et le contre, discutez-en longuement entre vous, et soyez surtout conscient des issues qu’une signature de contrat ou collaboration pourraient trouver.
Quoiqu’il arrive donc, pas de décision à la hâte ! Gardez à l’esprit que les professionnels qui vous sollicitent ne seront pas toujours bien intentionnés. Alors, sans tomber dans l’excès jusqu’à en devenir sociopathe, soyez simplement précautionneux.

Il ne faut pas s’emballer trop vite ou se jeter sur la première occasion venue (…) et surtout bien se renseigner sur les gens avec lesquels on est susceptibles de travailler.

3   Multipliez les lives

          Lorsqu’on est un groupe, il paraît difficile de ne pas passer par la case scénique. D’ailleurs, les Wild Wild Waves nous l’affirment, monter sur scène régulièrement leur a permis de progresser.
Les concerts permettent d’avoir un regard différent sur sa musique. Il est souvent difficile d’avoir du recul sur ce que l’on fait, et tester ses morceaux sur une scène, si minime soit-elle, permet d’ajuster ses faiblesses et de recueillir immédiatement les critiques sourdes du public. L’avis de celui-ci est primordial et doit jouer pour vous un rôle décisif, car c’est avant tout pour et grâce à lui que vous vous produisez.

On aimait beaucoup certains morceaux, mais le public ne réagissait pas, les jouer en live nous a permis d’identifier certains passages flottants, et de voir tout de suite ce qui ne fonctionnait pas bien.

Pour faire du live, deux solutions s’offrent à vous. Partir vous-même en quête de lieux, ou vous adresser directement à un professionnel, autrement dit, à un tourneur.

Si vous choisissez de faire votre tour management seul, il vous faudra redoubler d’efforts, et cibler les lieux dans lesquels vous comptez donner vos représentations. En effet, toutes les salles n’ayant pas le même type de programmation, il convient de vous renseigner avant de passer des montagnes de coups de fils inutiles. Par exemple, vérifiez la programmation du mois précédent et, une fois vos lieux sélectionnés, discutez avec les gérants pour connaître la façon dont la salle sera rémunérée. Vous pouvez également vous tourner vers d’autres lieux culturels, comme les bars ou les cafés underground, qui, s’ils apprécient votre projet, pourront vous offrir la possibilité de vous produire gratuitement. Ne les négligez pas, car, même si ce sont de petits espaces, ils vous permettront de bien vous faire connaître au niveau local.

          Si, en revanche, vous vous mettez en quête d’un tourneur, renseignez-vous en amont sur le rôle qu’il jouera au sein du groupe, et sur la façon dont il compte travailler. Tâchez également de ne pas oublier que tout le monde a des contraintes économiques, et que le tourneur prend un pari lorsqu’il vous choisit. En effet, ce dernier est rémunéré en fonction du chiffre qu’engrangent vos concerts, alors commencez par leur montrer que vous êtes un groupe stable, bien préparé, et surtout conscient de la réalité économique du milieu.

Filage set Résidence @Périscope

          A leurs débuts, les Wild Wild Waves ont choisi une alternative. C’est un ami du groupe, Robin Vincent, lui aussi musicien dans une autre formation, qui s’occupe de leur booking. Suivant le groupe depuis sa création et ayant assisté à de nombreuses répétitions, il connaît parfaitement leur univers et leur fonctionnement en interne. Ainsi, impossible pour lui de prendre de mauvaises décisions. Néanmoins, les projets s’enchaînant et leur temps étant de plus en plus restreint, les Wild Wild Waves sont depuis peu à la recherche d’un tourneur expérimenté.

On envoie des mails, (…) et, dans une partie, on montre en quelques lignes que nous savons ce qu’est le travail d’un tourneur. (…) Il faut qu’il ait un coup de cœur donc il faut aussi réussir à se vendre.

          Alors, si vous ne vous sentez pas tout à fait prêt à vous lancer, réfléchissez. Car lorsque vous vous adresserez à des professionnels, qu’ils soient tourneurs ou gérants de lieux culturels, il faudra montrer que vous savez exactement pourquoi vous êtes là. Votre préparation, votre détermination, votre fiabilité et vos connaissances du monde de la musique sauront, à coup sûr, faire la différence.

FouleEnDelire

Soyez patients et consciencieux, et vous finirez vous aussi par connaître les joies d’une foule en délire qui scande votre nom !

4   Soyez prêt avant d’enregistrer votre projet

 

           Une fois toutes ces étapes comprises et passées, une fois que vous avez fait le tour de votre projet, et que vous avez fait de la scène pour comprendre quels morceaux fonctionnaient le mieux, il va falloir passer aux choses sérieuses, l’enregistrement de votre EP. Ici encore, deux solutions : trouver le bon studio d’enregistrement, ou à défaut, acquérir le matériel de base pour démarrer chez soi.

Répétition @Culbuto

          Si vous choisissez la première option, voici quelques petits conseils pour bien choisir votre studio. Tout d’abord, prenez conscience que vous allez passer beaucoup de temps entre ces murs, alors autant le passer dans un endroit où vous vous sentirez à l’aise.
Commencez par faire le tour des alentours, de votre ville, de votre région. Déplacez-vous, visitez les locaux, faite le tour du matériel mis à votre disposition et assurez-vous qu’il corresponde à vos besoins. Récoltez un maximum d’informations sur le studio en lui-même, mais aussi sur le type de musique qui s’y fait d’ordinaire. Un ingénieur du son peut être très doué dans une certaine discipline mais ne pas exceller dans une autre. Alors, discutez avec les gérants des lieux et essayez par exemple de voir si le directeur artistique peut prendre le temps d’écouter vos morceaux, voire de vous aiguiller en cas de difficultés.

 Il ne faut pas prendre n’importe quel studio. Je conseille de voir avec les responsables du studio s’ils peuvent faire de la direction artistique, assister aux répétitions, il faut qu’ils soient tenus au courant, il faut être clair avec eux sur la façon dont le groupe voit ses morceaux.

           Assurez-vous également d’être fin prêt, car enregistrer un album demande beaucoup de temps, et en studio, qui dit temps dit argent. Veillez donc à passer le plus de temps possible à répéter vos morceaux, vos textes et autres, car une fois en studio, une heure perdue est tout de même une heure due !
Soyez également certain d’avoir le budget nécessaire à la finalisation de l’album. Il serait dommage qu’à mi-chemin de l’enregistrement, vous n’ayez plus assez de fonds pour en arriver au terme. Concertez-vous, répétez, organisez-vous, définissez un budget. Faites par exemple une estimation du temps et de l’argent nécessaire à l’enregistrement complet de votre projet, comme ça, aucune surprise possible.

Avant d’arriver au studio, il faut être prêt et être réaliste. Chaque groupe a sa façon de fonctionner, mais il faut l’avoir avant d’arriver en studio.

Si vous n’êtes pas tout à fait prêt à mettre les pieds dans un studio professionnel, une autre option est possible, celle du home studio.
Pour cela, un minimum de matériel est tout de même requis : d’abord et surtout, une pièce sans écho pour optimiser la qualité du son, ensuite un bon micro, une petite carte son (la Rédac vous conseille la Scarlett 2I2 ou 2I4), un bon logiciel (type Logic Pro ou Cubase), et le tour est joué !
Vous pourrez ainsi travailler à votre rythme, sans la pression du compteur en studio. Vous pourrez préparer vos maquettes en profondeur, et faire de multiples essais jusqu’à ce le tout vous convienne. En revanche, à moins d’être un pro du mixage, vous devrez tout de même envoyer vos pistes en mastering à un ingénieur du son, ce qui vous coûtera toujours moins cher que l’enregistrement complet de votre projet en studio.

          Eh bien voilà les enfants, nous arrivons ici au terme de notre petite méthodologie pour bien démarrer en indépendant. Si l’on récapitule les différents conseils des Wild Wild Waves, n’oubliez pas de vous créer un réseau, de l’entretenir et de l’enrichir, essayez de gérer seul votre groupe ou, à défaut, réfléchissez-y à deux fois avant de vous adresser à une personne extérieure ; multipliez les démarches professionnelles et les lives, et, surtout, préparez-vous bien avant d’attaquer l’enregistrement d’un projet !

Avec tout ça, nous espérons vous avoir confié assez d’armes, pour qu’alliées à votre talent, celles-ci vous mènent droit vers la réussite à laquelle vous aspirez. Que la force de la Rédac et des Wild Wild Waves soient avec vous !

 

 


Cassandra Conti
A propos de l'auteur

Cassandra Conti, artiste en errance, passionnée par tous les passionnés, rêve naïvement de changer le monde mais commence sobrement par le mettre en images.



Wegotalent veut grandir

Soutenez nous !