Robin Begins
En quête d’un relecture plutôt astucieuse, les producteurs ont alors fait appel au réalisateur de Gladiator et de Kingdom of heaven afin d’insuffler une nouvelle mythologie dont l’enjeu n’est pas de savoir ce que le héros va devenir, mais comment, le tout gratinée d’une bonne dose de bataille épique. Ridley scott (habitué des cavalcades et autres batailles massives) aux commandes, nous ne pouvions qu’être en droit d’attendre un spectacle à échelle des espérances fondées sur son habileté de metteur en image et de chef d’orchestre, le cinéaste se montrant toujours très à l’aise quand il s’agit de mettre en scène la destinée d’un homme seul contre tous.
Oui mais voilà le film, outre la gestion assez discutable de sa durée, alterne les scènes intimes et les batailles à grand spectacle dans une histoire à laquelle il manque un certain souffle épique pour que le spectateur soit vraiment embarqué. Si la production impressionne par ses décors et ses costumes ainsi que par la petite alchimie entre Crowe et Blanchett, force est de reconnaitre que le reste s’avère décevant. Les personnages secondaires, à l’exception de celui interprété par Von Sydow, sont sans consistance, les rôles des méchants sont mal desservis (au jeu des comparaisons le shérif incarné par Alan Rickman dans la précédente version enfonce un Prince Jean au charisme d’enfant pourri gâté) et le personnage de Marianne oscille sans cesse entre le touchant et le franchement ridicule jusqu’à devenir une némésis de Jeanne d’arc venue comme un cheveu sur la soupe pour bouter les français hors de l’Angleterre.
Les producteurs avaient peut être pensé trouver la formule miracle du box office avec une sorte de mix entre Gladiator, Braveheart et Il faut sauver le soldat Ryan. Le résultat aboutit plutôt à une histoire ridicule de français qui débarquent sur les plages de Douvres (petit mémo pour les scénaristes : Nottingham est au centre de l’Angleterre….) avec des navettes type 6 juin 44, sous la houlette peureuse de Philippe le Bel et de ses deux cents hommes de main forcés de battre en retraite face à l’assaut porté par Jeann..euh Marianne et son armée d’ewoks.
Si Ridley Scott confirme son talent pour les grandes fresques d’époque, il semble tourner un peu en rond et ne nous offre rien de nouveau et un souffle beaucoup moins décoiffant que prévu avec quelques combats décevants ou une suite très convenue. En définitif, ce film à grand spectacle s’achève là où il devrait vraiment commencer. Prêt pour « the Dark Robin Return »? Pas sûr.
Julien Mc Laughlin



envoi en cours...
