Depresso
À Hawaii, la vie d’une famille bascule. Parce que sa femme vient d’être hospitalisée suite à un accident de bateau, Matt King tente maladroitement de se rapprocher de ses deux filles. Il se demande aussi s’il doit vendre les terres familiales héritées de ses ancêtres hawaiiens. Quand sa fille Alexandra lui révèle que sa mère avait une liaison, le monde de Matt vacille. Avec ses deux filles, il part à la recherche de l’amant de sa femme.
Nouveau chantre du cinéma indépendant américain, Alexander Payne aime emprunter des chemins de traverse, entre dérision et gravité, pour aller au bout de ses histoires et en jouant sur les contrastes pour aborder avec élégance des sujets graves sur un ton en apparence désinvolte. Après la vieillesse (Monsieur Schmidt) et la crise existentielle (Sideways), le cinéaste aborde cette fois les relations familiales complexes avec ses conflits, ses secrets et ses non dits, le tout sur un fond de carte postale faussement paradisiaque. Pour succéder au décors plats du Midwest et la vallée vinicole de Californie , le réalisateur a en effet choisi de poser sa caméra à Hawaï pour servir de toile de fond au voyage intime de Matt King. Un mari et un père aux motivations profondément égoïste et sans une once de remise en question mais qui parvient toutefois à nous être sympathique grâce au talent de Monsieur Nespresso .
La rigueur du récit et la précision des dialogues, souvent incisifs, offrent à George Clooney une partition à contre emploi de son image d’éternel séducteur bien que ce dernier nous gratifie de quelques tiques comiques qui désamorcent par moments la dramaturgie de certaines scènes. Dès lors, le spectateur devient le complice des tribulations douces-amères de ce personnage tragi-comique auquel la réalisation, d’une grande sobriété, met surtout en valeur ses émotions face aux événements pour tenter de faire le point sur sa vie et renouer avec ses filles en empruntant le plus tortueux des chemins.
Malgré un sujet difficile, l’oeuvre d’Alexander Payne se montre juste et sensible, tour à tour drôle et émouvante, portée par un solide casting (mention spéciale pour la jeune Hailene Woodley ) avec une galerie de « gueules » un peu oubliées au cinéma comme Robert Forster (Jackie Brown), Matthew Lillard (Scream) ou Beau Bridges ( Susie et les Baker Boys). Bien que le trait soit parfois appuyé sur la corde sensible, l’oeuvre de Payne distille suffisamment de charme et de force émotionnelle universelle pour ne laisser personne indifférent à la fin de sa projection.
Julien Mc Laughlin
Bande Annonce
Bonus
Le film marque les début de Laird Hamilton au cinéma. Pour ceux qui ne connaissent pas l’homme (ou plutôt le surhomme) :
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